Ne pas perdre ses dents avec l'âge: site internet Doctissimo

Contrairement à une idée reçue, la perte des dents avec l'âge n'est pas une fatalité. Les maladies parodontales en représentent les principales causes. Si leur sévérité et leur prévalence augmentent avec l'âge, il est possible de les prévenir. Sinon, gare aux complications !

La chute des dents chez les personnes âgées n'a rien de naturelle. S'il est normal que les dents de lait tombent, il n'en est rien des dents des seniors. A l'origine de ces pertes de dents, les maladies du parodonte.

Gare à la chute !

Le parodonte représente l'ensemble des tissus de soutien des dents : la gencive, le cément, les ligaments péridentaires, les tissus conjonctifs et l'os alvéolaire. Il existe deux grands groupes de maladies parodontales : les gingivites et les parodontites. Les premières (inflammations des gencives) concernent 80 à 95 % de la population. Mais ces inflammations chroniques de la gencive liées aux plaques dentaires peuvent conduire à bas bruit à la maladie parodontale et au déchaussement des dents. Une hygiène rigoureuse permet d'éliminer la plaque et ainsi la formation de tartre et la multiplication des bactéries. Laissés en place, ces dépôts vont entraîner à la longue la formation de poches entre les dents et la gencive, véritables nids pour les germes qui vont proliférer. Cette infection chronique entraîne une parodontite, c'est-à-dire une inflammation des tissus qui entourent la dent. Le stade suivant est la destruction de l'os autour des dents. Ces dernières deviennent de plus en plus mobiles, puis tombent.

Pour lutter contre ces problèmes, une hygiène rigoureuse et des détartrages réguliers sont suffisants aux stades initiaux. Lorsque des poches sont formées, un curetage peut éliminer le tartre et les bactéries. Les parodontites sont plus fréquente chez les diabétiques, les fumeurs et les personnes immunodéprimés.

Attention aux problèmes de malnutrition

Comme le précisait le Dr Monsenego lors des entretiens de Garancière en 2003, la perte de dents chez les seniors peut entraîner des risques de malnutrition, voire de dénutrition. La dégradation de l'alimentation a de nombreuses causes : altération de la situation économique et sociale, diminution des capacités physiques et intellectuelles, régimes aberrants, prise de nombreux médicaments, troubles de la déglutition… Mais la diminution du goût et de la capacité masticatoire jouent un rôle essentiel. Le dernier problème est essentiellement lié à la perte de dents, qui accompagne la vieillesse.

Différentes études ont ainsi pu corréler la qualité de l'état nutritionnel et le statut dentaire. Les personnes dentées ont un régime alimentaire beaucoup mieux équilibré que les personnes partiellement ou totalement édentées.

"Ce problème de malnutrition n'est pas à prendre à la légère car il augmente les risques de retard de la cicatrisation, pathologies oculaires, troubles psychiques, conséquences immunitaires, conséquences hormonales, pathologies cardiovasculaires, déséquilibre du diabète, augmentation de la prévalence des cancers, etc." précise le Dr Philippe Monsenego. Pour tout savoir sur l'alimentation des seniors, reportez-vous à notre dossier "Bien manger après 60 ans".

Un risque accru d'infarctus

En septembre 2003, une étude américaine reliait la perte de dents et le développement de l'athérosclérose (plaques d'athérome dans les artères, augmentant le risque de maladies cardiovasculaires). L'équipe américaine a évalué l'état vaginal, le parodonte, la perte de dents et l'existence de plaques d'athérome auprès de 711 patients âgés en moyenne de 66 ans, sans antécédent d'infarctus ou d'accidents vasculaires cérébraux. Résultat : une corrélation importante a été trouvée entre le nombre de dents perdues et la découverte de plaques d'athérome au niveau des carotides internes (artères du cou). 46 % des personnes ayant perdue entre 0 et 9 dents présentaient des plaques, contre 60 % de celles en ayant perdu plus de 10.

Quelques mois plus tard, une autre étude américaine trouvait une relation entre la perte de dents et la survenue d'un accident vasculaire cérébral ischémique. Les chercheurs ont examiné 41 380 hommes pendant environ 12 ans, leur demandant de remplir un questionnaire détaillé sur leur état de santé et des analyses tous les deux ans. Résultat : les hommes ayant moins de 25 dents ont un risque d'AVC supérieur de 57 %.

Ces deux études plaident ainsi en faveur d'un lien entre une infection (à l'origine de maladie parodontale) et l'augmentation du risque cardiovasculaire.

David Bême
www.doctissimo.fr/html/dossiers/dents/sa_7329_perte_dent_seniors.htm

Article rédigé par le praticien le 06/09/2014